Rapport sur les déserts médicaux : le Cese manque la cible

Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) présente aujourd’hui un projet d'avis sur les déserts médicaux. Si certaines mesures vont dans le bon sens, et reprennent les propositions de la CSMF, cette dernière déplore le recours à de vieilles recettes éculées sur la régulation de l’installation et le conventionnement sélectif. Cela prouve que le Cese n’a pas pris toute la mesure du problème.

Comment imaginer un conventionnement sélectif dans les zones dites sur-denses alors qu’on manque aujourd’hui de médecins partout, tant en médecine générale qu’en médecine spécialisée (difficultés à trouver un médecin traitant, très longs délais de rendez-vous…) ?

La situation démographique des médecins libéraux est sans commune mesure avec d’autres professions, comme les infirmiers, qui ont eu recours au conventionnement sélectif. Proposer un tel mécanisme revient à ouvrir largement la porte à l’exercice hors convention et donc à mettre en place une médecine à deux vitesses.

Or, les mesures incitatives commencent à donner des résultats probants dans les zones rurales de certains départements particulièrement proactifs (Aveyron, Lozère, Mayenne…). Il faut donc laisser du temps à ces mesures pour pouvoir juger de leur efficacité Faut-il rappeler que les jeunes médecins s’installent tardivement en libéral (38 ans en moyenne) ?

Au lieu de contraindre ou de stigmatiser, l’heure est au soutien manifeste de la médecine libérale, générale et spécialisée. Ce n’est qu’à cette condition que les problèmes d’accès aux soins dans les territoires pourront être résolus.

Dr Jean-Paul Ortiz - Président
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Mercredi, 13 décembre, 2017