PLFSS 2020 et économies drastiques : la CSMF dit STOP !

La Commission des comptes de la Sécurité Sociale, à laquelle la CSMF participait ce matin, l’a confirmé : le «trou de la sécu» est de retour. En raison des mesures prises suite au mouvement des gilets jaunes, le déficit se creuse à 5,4 milliards d’euros en 2019 (contre 700 millions d’excédents prévus il y a un an). La branche vieillesse affiche un déficit de 4 milliards, tandis que la branche maladie perd plus de 3 milliards. Le retour à l’équilibre des comptes sociaux est désormais reporté à 2023.

Dans ces circonstances, la CSMF constate avec satisfaction que l’ONDAM (l’objectif national des dépenses d'assurance maladie) pour 2019 sera tenu pour la dixième année consécutive, en grande partie grâce aux efforts des médecins libéraux. Pour l’année 2018, les dépenses de soins de ville sont en sous-exécution de 0,25 milliard d’euros. Pour 2019 les prévisions montrent même que les dépenses de soins de ville seront moins élevées que l’objectif rectifié.

Et pour récompenser ces bons résultats, le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) pour 2020 prévoit une économie encore plus drastique sur les soins de ville ! En effet ce projet a pour objectif de réduire les dépenses en actes et prescriptions de 1,235 milliards d’euros en 2020, soit 340 millions de plus que l’année précédente.

Le PLFSS 2020 va fragiliser des pans entiers de la médecine de ville (biologie, radiologie et autres spécialités) sans lui donner les moyens de se restructurer et de mieux s’organiser pour répondre à la demande en soins dans tous les territoires !

La CSMF appelle le gouvernement à réorienter fortement le système de santé vers la ville. Cela passe nécessairement par le renforcement et la valorisation de la coordination entre le médecin généraliste et le médecin spécialiste de ville afin d’éviter un recours excessif à l’hôpital, y compris dans le cadre de l’urgence. C’est en valorisant ces prises en charge coordonnées en ville que notre système gagnera en efficience.

Les médecins libéraux sont prêts à s’investir, mais l’Etat doit accompagner cette nouvelle organisation des soins de ville sur tout le territoire, au lieu de considérer la médecine libérale comme la variable d’ajustement des plans d’économies successifs.

Dr Jean-Paul Ortiz - Président
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Lundi, 30 septembre, 2019